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Jour 430 – 89 km
Une image pour décrire la Malaisie : longer les cocotiers des plages blanches au son des arabesques vocales du muezzin de fin de matinée. La campagne que nous traversons depuis la Thaïlande contraste avec la fin de notre dernière étape dans le pays. Dans le trafic et les lumières nous atteignons les grandes tours de Johor Bahru. Une autre ville du bout du monde. Fin d’un pays, extrémité d’un continent. Nous ne sommes plus qu’à un pont de Singapour…


Day 430 – 55 miles
An image to describe Malaysia: to cycle along the coconut trees next to the white beaches to the sound of the end of morning muezzin. The countryside which we cross since Thailand contrasts with the end of our last miles in the country. In the traffic and the lights we reach the big towers of Johor Bahru. Another end of world city. End of a country, extremity of a continent. It’ll take just a bridge to reach Singapore…

Un hôtel pour cyclistes européens ! - a guesthouse for european cyclists



Cross

Jour 428 – 139 km
“Est-ce que vous croyez en la magie noire” ? Je ne me sens pas de cœur à lui préciser le fond de ma pensée… Le propriétaire du petit restaurant de rue de ce midi, ouvrier chez Mercedes la semaine, vient papoter entre deux plats dans un anglais parfait. En Malaisie on sert un thé que l’on fait mousser en versant rapidement le contenu d’une tasse dans une autre plusieurs fois de suite. Son thé n’a pas moussé. C’est la seconde fois. Il semble très inquiété. Selon lui, les esprits lui en veulent. Il cherche depuis des jours ce qu’il aurait bien pus faire pour les contrarier. Sortie d’Europe, la religion est fondamentale dans la vie de tous les jours. L’ésotérisme aussi…


Day 428 – 86 miles
“Do you believe in black magic” ? I do not feel like telling him what I really think about it… The owner of the small street restaurant, labor at Mercedes by week, comes to chat with us between two dishes. In Malaysia they serve a pulled tea which one lather up quickly by pouring the contents of a cup into another one several times in succession. His tea did not foam. It is the second time. He seems very worried. According to him, the spirits are angry about him. He’s been thinking for days about what he could have done. Since Europe, religion is fundamental in the daily life of the people when meet. Esotericism too…

Jour 429 – 107 km
Pas de petite auberge ni de champs où dormir. Il fait déjà sombre, les prochains villages sont encore loin et nous sommes fatigués à enchaîner de grosses étapes dans les collines vallonnées qui mènent à Singapour. Ne pas savoir où planter la tente quand le crépuscule approche : on se rappelle de la Russie… Nous croisons un cycliste Belge. Il roule de nuit, dort véritablement où il peut, a l’habitude de se faire réveiller par les policiers en pleine nuit alors qu’il ronfle sous un abri de bus. Il a passé la journée dans une station-service à réparer son vélo. Il nous vante le carré d’herbe tendre à proximité… Pour le gérant de l’endroit, il est naturel que l’on s’y plante. Simplicité de l’hospitalité…


Day 429 – 66 miles
No inn nor fields where to sleep. It’s already dark, the next villages are still far away and we are tired after a few big days in the hills leading to Singapore. Not knowing where to plant the tent when the twilight comes makes us remember Russia… We meet a Belgian cyclist. He cycles by night, sleeping where he can, used to be woken up by policemen in the middle of the night while snoring under a bus shelter. He spent the day in a gas station to repair his bike. He praises us the square of sweet grass at the back of this station… For the manager of the place, it is natural that we pitch our tent there. Simplicity of the hospitality…

rencontre d'un groupe de motards - encounter with a motorcycle men group



Cela fait longtemps qu'on n'avait pas dormi dans la tente, ce soir, à une station essence - It's been a long time we haven't slept in the tent, tonight, at a petrol station

Jour 426 – 31 km
Rick parle vite, en courtes rafales de mots. Ce Chinois de Malaisie et sa famille nous accueillent pour deux soirs. On ne se connaît que le biais d’un site web ; nous avons déjà l’impression de faire partie de la famille. Dîner fait maison, visite de la ville et des alentours, bateau dans la mangrove, restaurants… Nous avons même notre propre maison, voisine de celle de Rick !
C’est l’état d’esprit de cet ingénieur civil, chef d’une entreprise de bâtiment, qui nous a surtout frappés. Il a envoyé quelques jours son fils dans des temples bouddhistes, taoïstes et chrétiens, histoire qu’il se fasse une idée par lui-même. Ce même fils un peu timide quitte le foyer pour l’université dans quelques jours. Quand nous blaguons sur le fait qu’il reviendra avec une crête et des tatouages, Rick est enchanté : la rébellion est le premier pas vers l’âge adulte. À sa volubilité et son énergie, on voit qu’il y a encore une part adolescente joyeuse dans le respectable père de famille.


Day 426 – 19 miles
Rick speaks fast, in short bursts of words. This Chinese of Malaysia and his family welcome us for two nights. We only know each other through an Internet hospitality network, but we already feel like we’re part of the family. Home-made dinner, visit of the city and the surroundings, boat in the mangrove, restaurants… We even have our own house, neighbor of Rick’s one !
It is the state of mind of this civil engineer, CEO of a building company, that especially struck us. He sent his son for a few days to Buddhist, Taoist and Christian temples, just so he could make its own idea about religion. His shy son is about to leave home for the university in a few days. When we joke on the fact that he will return with an punk hairdo and tattoos, Rick is smiling: to him, rebellion is the first step towards adulthood. By his volubility and energy, we see that there is still a joyful teenager in this respectable head of family.

Des crevettes géantes entourées de bacon, miiiiaaam ! - Giant prawn with bacon around it... yummmiiii !


Des petites filles jouent - Litlle girls playing


Temple Hindouiste à Kuantan - Hindouist temple in Kuantan


Construction artisanale des bateaux de pêche - Hand crafted construction of fishboats


Les racines des arbres de la mangrove - Trees roots in the mangroove


Balade sur la rivière de la mangrove - Stroll on the river of the mangrove


Mâchoire de requin - Jaw of shark


Nid d'oiseau, bientôt à manger ... - Bird nest...will be soon eaten


Temple Taoïste - Taoïst temple


Temple bouddhiste - Buddhist temple


Technique d'impression appelée Batik - Printing technic called Batik


Rick, Peggy et leurs 3 enfants nous ont accueillis comme des rois - Rick, Peggy and their 3 children hosted and welcomed us like kings

Jour 424 – 51 km
Le petit moteur de la frêle embarcation s’arrête au milieu de la rivière. Nous glissons dans la mangrove. La lune et les étoiles seules éclairent faiblement la scène. Loin derrière, les éclairs illuminent parfois brutalement la jungle aquatique. Loin du bruit, dans la pénombre intense, quelques points de lumière clignotent dans les branches. D’un mouvement expert, le guide allume et éteint ses lampes de poche en rythmes, projetant le rayon lumineux dans la paume d’une main. Un buisson s’embrase. Des dizaines de petites sphères lumineuses naissent et flottent dans l’air. Elles s’approchent de la barque en un lent mouvement poétique. Nous sommes vite entourés. Les lucioles viennent de partout, se posant où elles peuvent, matérialisant nos mains et visages de leur petit halo de lumière pâle.


Day 424 – 32 miles
The small engine of frail boat stops in the middle of the river. We slide in the mangrove swamp. The moon and a few stars weakly light the scene. Far behind, lightnings brutally illuminate the aquatic jungle. Far from the noise, in the intense twilight, some points of light flash in branches. With an expert movement, the guide switches on and off his flashlights in rhythms, beaming in the palm of a hand. Tens of small bright spheres are float in the air. They approach the boat in a slow poetic movement. We are quickly surrounded. Fireflies come of everywhere, settling where they can, lighting our hands and faces of their small halo of pale light.

Notre super bungalow pour 2 nuits - Our great bungalow for 2 nights


Sur la barque, nous nous éloignons des lumières artificielles pour rejoindre les lucioles dans le noir complet - On the boat, we go away from the artificial lights to reach the fireflies in the dark


Ma copine la bébé-tortue, qui est née il y a 2 heures. Nous allons les remettre dans quelques instants à la mer - My friend the baby turtle born 2 hours ago, we will soon let them swim away into the sea

Jour 423 – 117 km
Le compteur affiche 17000 km. Comme à chaque nouveau millier, on fixe l’affichage des yeux et on se congratule quand quatre chiffres changent d’un coup. Nous devrions être quelque part entre 20000 et 21000 km lors de notre retour en France.
Quelques minutes plus tard nous croisons un cycliste. Concentré et la vue masquée par un bus, il ne nous voit pas. Quelques centaines de mètres plus loin un autre voyageur à vélo s’arrête pour nous saluer. Le monsieur vient d’Adélaïde, la grosse agglomération 50 km au Sud-Ouest de notre destination finale. Et il connaît Cambrai, Australie ! Parti pour presque un an à travers le monde, il voyage depuis quelques jours avec le cycliste qui a filé un peu plus tôt. Et il a du mal à le suivre… Il faut dire que l’autre est plutôt entraîné : à 49 ans, il a tout lâché pour un voyage qui devait durer un an. C’était il y a 11 ans. 177000 km plus tard, il pédale encore…


Day 423 – 73 miles
The meter shows 17000 km. As in every new thousand, we congratulate each other when four figures change just like that. We should be somewhere between 20000 and 21000 km on our return in France. A few minutes later we meet a cyclist. Focussed and the view masked by a bus, he does not see us. Some hundreds of meters farther another one stops to greet us. He comes from Adelaide, the big urban area 50 km in the Southwest of our final destination. And he knows Cambrai, Australia ! He’s been cycling for a year, travelling since a few days with the cyclist we’ve seen a little earlier. And he has difficulty following him… The other one is pretty well trained : at the age of 49, he quit everything for a journey which should have laster one year. It was 11 years ago. 177000 km later, he still pedals…

Probablement un des hôtels les plus moisis qu'on ait eu (hier soir) - Probably one of the most dirty and mouldy hotel we had (last night)


Un restaurant Malais de bord de route, délicieux comme d'habitude - A Malaysian restaurant on the side of the road, delicious as usual


Bientôt arrivés à Kerteh - Soon arriving in Kerteh

Jour 422 – 111 km
La langue maternelle de Siugi est le Teochew, un dialecte Chinois parlé dans une petite province entre Hong Kong et Shanghai. C’est aussi une des langues principales de la diaspora chinoise. Depuis le Vietnam, en tendant l’oreille Siugi peut parfois comprendre les conversations. La propriétaire du restaurant où nous dînons ce soir est une Teochew elle aussi.
Quand elle se rend compte que Siugi est française, Teochew et qu’elle pédale autour du monde, la restauratrice s’anime. Complimentant Siugi pour sa beauté, en particulier son nez qui rend jalouse les filles d’Asie, pouces levés elle explique notre histoire à ses fils, ses clients, son mari, ses amies… Elle nous montre ses créations en matériaux recyclés, pas peu fière d’étaler les coupures de journaux qui en fond l’éloge. À l’instar de bien des chinois, elle est trop heureuse de poser pour nos photos, nous faisant ressortir l’appareil pour un dernier cliché devant l’enseigne de son restaurant, “Le Dragon d’Or”.
Elle a repris l’affaire d’un demi-siècle montée par sa belle-mère. Pudiquement, un doigt tendu vers le ciel, elle explique que son aïeule est maintenant “à l’étage”. L’enseigne d’origine a dû être changé car les caractères chinois étaient plus gros que les lettres latines : cela ne plaisait pas du tout au pouvoir local. Nous écoutons son histoire. Enfin, “nous écoutons”, c’est très vite dit : Siugi écoute et me traduit. Comme lors des repas dans sa famille, quand les discussions s’enflamment et que le Français s’enfuit, je me contente de sourire et d’apprécier la voir aimer parler dans sa langue natale avec une inconnue.


Day 422 – 69 miles
The mother tongue of Siugi is Teochew, a Chinese dialect spoken in a small province between Hong-Kong and Shanghai. It is also one of the main languages of the Chinese diaspora. Since Vietnam, by stretching out the ears Siugi can sometimes understand a conversation. The owner of the restaurant where we have dinner this evening is a Teochew too.
When she realizes that Siugi is French, Teochew and what she pedals around the world, the restaurant owner livens up. Complimenting Siugi for her beauty, in particular her nose which makes jealous the girls of Asia, raising thumbs, she tells our story to her sons, customers, husband, friends… She shows us her creations in recycled materials, not little proud to open the newspaper clip where she is featured. Like lots of Chinese, she is too happy to pose for our photos, asking us to take a last picture in front her restaurant, “The Golden Dragon”.
Shy, a finger pointing the sky, she explains that her grandmother is now “upstairs”. The original sign had to be changed because the Chinese characters were bigger than the Latin letters. We listen to her story. Well, “we listen to”, it is very fast said: Siugi listens and translates to me. As during the Sunday meals with her family, when the discussions get more passionate and they switch from French to Chinese, I just smile and like to see her enjoying speaking in her mother tongue with new peoples.

Charles s'amuse avec son nouveau vélo, en attendant que la pluie s'arrête - Charles plays with his new bicycle, waiting for the rain to stop


La mosquée de Kuala Terengganu


Ma nouvelle copine propriétaire du restaurant, qui parle Teochew, mon dialecte Quel plaisir de comprendre et se faire comprendre au restaurant ! - My new friend, owner of the restaurant, who speaks Teochew, my dialect. What a pleasure to understand and being understood in a restaurant !

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