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Posts Tagged ‘russie’

Jour 107 – 60 km
Oeuf et saucisses cuites sur un réchaud à gaz, ces chauffeurs biélorusses nous invitent à partager leur petit déjeuner posé à même le réservoir d’essence du camion !
À la frontière nous sommes l’attraction. On nous avait prévenu de la curiosité des asiatiques : elle commence à pointer avant même y être arrivé ! Bloqués devant le checkpoint Kazakh pour cause de pause déjeuner, le groupe des curieux enfle de minutes en minutes. Les questions arrivent par vagues, certains nous demandent notre contact, un autre roule quelques mètres avec le vélo de Siugi. Le même jeu revient à la sortie : pendant que nous changeons de l’argent, de pacifiques Kazakhs viennent se planter devant nous.
Le voyage vient de prendre une toute autre tournure : nous entrons réellement dans la différence. Paysage sauvage, la steppe est maintenant dominée par des hordes de chevaux qui trottent au loin ou viennent traverser les routes. Un groupe d’étalons nage pour rejoindre une voie bitumée : nous les accompagnons dans leur galot devant les maisons, leur robe luisante dans le soleil couchant. Certaines habitations sont maintenant de simples murs de boue séchée agglutinée contre une armature de troncs d’arbres.
Nous ne comptons plus les sourires et grands saluts des chauffeurs qui nous croisent et parfois s’arrêtent en plein milieu de la route pour nous demander d’où nous venons avant de repartir de plus belle, les bras hors des portières en de longs signes amicaux. Une restauratrice à qui nous avons fait ouvrir ses toilettes nous invite même à prendre le thé : deux assiettes de poulets sont bientôt posées sur notre table sans que nous n’avoir rien à demander !
Et dans la bouche de tous ces gens les mêmes quelques mots en anglais : « Bienvenu au Kazakhstan » !


Day 107 – 37 miles
Egg and sausage cooked on a gas stove, these Belarusian drivers invite us to share their breakfast laid on the gas tank of the truck !
At the border we are entertainement material. We had been warned of the Asian curiosity. Blocked before the Kazakh checkpoint because of lunch, the group of curious swells by the minute. It goes in waves, some are asking our contact, another cycles a few minutes with Siugi bicycle.
The journey has just taken a different turn. Wild landscape, the steppe is now dominated by hordes of horses. A group of stallions swims to join a lane asphalt. Some houses are now mere mud walls stacked against a frame of logs.
We no longer count the smiles and greetings of drivers who pass us and sometimes stop in the middle of the road to ask ourselves where we come. A restaurant manager invites us to tea: two chicken dishes are soon put on our table without us having nothing to ask!
And in the mouths of all these people the same few words in English : « Welcome to Kazakhstan !

Nos amis les routiers qui nous ont invité à partager leur petit déjeuner - Our trucker friends who invited us to share their breakfast

L'équipe de restauratrices au Kazakhstan qui nous a offert une table où déjeuner, puis du thé et enfin du poulet - The women team of the restaurant who offered us a table, then tea and finally chicken

Notre premier chameau !! - Our first camel !!

Plantage de tente dans le jardin de locaux - Pitching our tent in local's garden

Le voisin et le fils de nos hôtes du jardin - The neighbour and the son of our garden host

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Jour 106 – 66 km
Ce vent qui nous a tellement fait souffrir se range enfin de notre côté pour notre dernière journée Russe. Il souffle fort dans notre dos toute la journée et nous avalons sans mal les dernières dizaines de kilomètres qui nous séparent de la frontière. Là-bas des routiers nous renseignent sur l’état des routes : habitués de la route Riga / Kaboul, ils nous dépeignent avec horreur l’infernale route qui nous attend jusque Atyrau, nous mettent en garde contre le chemin vers l’Ouzbekistan, totalement impraticable en cas de pluie et nous vantent l’hospitalité des Ouzbeks aux grands coeurs (mais à la nourriture indigeste).
Nous aimons bien les routiers. Ceux que nous rencontrons depuis Elista sont de vrais voyageurs qui partent des semaines loin de chez eux, traversant plusieurs pays, parfois dangeureux, pour gagner leur vie. Ils connaissent l’état des routes et nos vélos leurs semblent bien fragiles. Mi-amusés, mi-compatissants, ils ne sont jamais avares d’excellents conseils. Nous nous faisons souvent klaxonner, soit parce qu’ils veulent nous dépasser, auquel cas nous nous rangeons sur le bas-côté pour les laisser nous doubler sans faire d’écart ; soit parcequ’ils nous croisent à contre-sens et nous saluent.


Day 106 – 41 miles
The wind that hurted us so much finally helps us on our last day in Russia. It blows hard on our backs all day long and we swallow without difficulty the last few tens of miles that separate us from the border. There, truckers tell us about the roads : used to Riga / Kabul, they show us with horror the infernal road ahead until Atyrau, warn us against the path to Uzbekistan, totally impracticable when it rains and praise the hospitality of Uzbek big hearts.
We like truckers. Those we meet are since Elista are real travelers who leave home for weeks, crossing several countries, sometimes dangerous, to earn their life. They know the condition of roads and our bikes seem very fragile. Half amused, half-hearted, they are never stingy with excellent advice. They often honk when they want to overtake us, in which case we put us on the side. But most the time it is to greet us with great smiles.

Paysage sur la route : Les chevaux se prélassent - Landscape on the road : Horses relax

Pour la première fois, nos ombres se retrouvent devant nous - For the first time, our shadows appear in the front of us

Dans la jardin de locaux, à quelques centaines de mètres de la frontière Kazak - In the garden of local people, hundred meters from the Kazak border

Les enfants de la famille chez qui nous avons planté la tente - The children of the family where we pitched our tent

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Jour 105 – 90 km
Nous retrouvons par hasard Ernscht en plein milieu d’Astrakhan ! L’occasion est trop bonne : nous passons la soirée ensemble. Difficile de trouver un hôtel à des prix corrects dans le centre, mais Siugi réussit à faire tomber les prix d’une chambre en négociant habilement avec la tenancière. Notre ami Suisse et moi restons sans voix. Nous dormirons dans un hotel au bord de la Volga !
« Ah, la saison des débiles à commencé ! ». Nicolas, français expatrié en Russie, nous accueille dans son bar par cette phrase quand il nous entend parler français. Aucun doute, il semble habitué aux voyageurs alternatifs. Nous passons une excellente soirée avec les travailleurs russes et écossais des plateformes pétrolières de la mer Caspienne.


Day 105 – 56 miles
We randomly meet Ernscht again in Astrakhan ! The opportunity is too good : we spend the evening together. It is difficult to find an hotel at fair prices in the center, but Siugi manages to lower down the price of a room by negotiating skillfully with the manager. Our Swiss friend and I remain speechless. We will sleep in an hotel close to the Volga !
« Ah, the season of silly travelers has started ! ». Nicolas, French expatriate in Russia, welcomes us into his bar with this phrase when he hears us speaking in French. No doubt, it seems familiar with alternative travelers. We spent a wonderful evening with Scottish and Russian workers from oil rigs in the Caspian Sea.

Au café-magasin pour une longue pause avant d'atteindre plus tard Astrakhan - In the bar-shop for a long break before reaching later Astrakhan

une chaise handicapée à l'exterieur du café - an handicapped chair outside the bar

Notre chambre d'hôtel pour ce soir - Our hotel room for tonight

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Jour 104 – 146 km
Séance photo avec Ernscht avant de se quitter. Puisque nous avons le même itinéraire, nous devrions nous retrouver quelque part au Kazakhstan ou en Ouzbékistan.
Un dernier village de western poussiéreux marque une nouvelle frontière dans le paysage : l’air et l’herbe se font encore plus secs, les couleurs se brûnissent et de gros insectes noirs viennent maintenant se cogner à nous dans leur vol hasardeux.
Un petit magasin à côté d’une station essence est tenu par un jeune russe d’une vingtaine d’année au grand maximum. Ses amis du même age sont confortablement installés dans un canapé. Leurs questions fusent et ils semblent très vite impressionnés par notre voyage. Nous n’avons pas le temps de commencer nos emplettes que le patron nous offre une bouteille de thé glacé. Au moment de payer les quelques fruits que nous achetons, il refuse d’emblée notre deuxième billet. On nous avait mis en garde contre le backshish en Russie : pour le moment c’est nous qui prenons la monnaie !


Day 104 – 91 miles
Photo shoot with Ernscht before leaving. Since we have the same route, we should meet again somewhere in Kazakhstan or Uzbekistan.
One last dusty village marks a new frontier in the landscape : the air and grass are even drier, the colors are brown and large black insects hit us in their flight.
A small shop next to a petrol station is ran by a young Russian of twenty years at most. Friends of the same age are comfortably installed in a sofa. They seem impressed by our journey. We do not have the time to start shopping when the manager offers a bottle of iced tea. When paying the few fruits that we buy, he refuses our second bank note, halfing the price ! We were warned against backshish in Russia but at the moment we are the ones who take the money !


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25/05/2011 : Elista – Iachkul

Jour 103 – 90 km
Notre hôte bouddhiste nous emmène visiter la pagode d’Elista, réputée la plus grande d’Europe. Ses mûrs immaculés se voient de très loin dans la ville. Au milieu des escaliers de l’eau coule jusqu’à une statue d’un sage où des myriades de bandeaux de prières sont attachés. En entrant dans la salle principale, on est d’abord saisie par l’immense bouddha doré s’appuyant contre le mûr. Les chants monocordes des moines s’entrelace au rythme des percussions sporadiques. Dans l’assemblé quelques mains se joignent parfois au dessus de la tête comme pour faire repartir la prière.
Juste avant de quitter la ville notre hôte nous emmène devant un wagon planté sur une petite place à côté d’une statue. C’est d’ici que partaient les trains pour les goulags de Sibérie. Et c’est aussi ici qu’une journaliste d’Elista est venue nous interviewer : nous devrions passer dans le journal local dans quelques jours !
Il n’y a qu’une route qui mène à Astrakhan. Nous sommes maintenant dans la steppe immense et les distances entre villages se comptent en dixaines de kilomètres. Les stations service sont appelé par leur distance jusqu’au hameau le plus proche : station « 12km », station « 43km ». On parie entre nous sur les distances : combien de kilomètres jusqu’à ce bosquet là-bas ? Huit kilomètres pour Siugi, dix pour moi. Trompeuse collines : il nous faudra une heure et quinze kilomètres pour atteindre l’ombre des branches, maintenant aussi précieuse que l’eau.
Lors de notre dernière pause de la journée nous rencontrons Ernscht, un Suisse en petite moto roulant jusqu’au Khirgistan. Cheveux longs et yeux rieurs, nous sympatisons immédiatement. Nous passerons la soirée ensemble à trinquer au vin Russe sucré dans la tente.


Day 103 – 56 miles
Our host takes us to visit the Buddhist temple of Elista, deemed the largest in Europe. Its pristine walls can be seen from far in the city. In the middle of the stairs water flows to a statue of a wise man where myriads of prayer bands are tied. On entering the main hall, at first we are impressed by the huge golden Buddha leaning against the wall. The droning chants of monks flows along the the rhythm of sporadic percussions : « hom-om-om-om-om-om-om » !
Just before leaving the city our host takes us to a wagon standing on a small park next to a statue : trains used to leave from here to the Siberian goulags. Here a journalist of Elista interviews us : we should be in the local newspaper in a few days !
There is only one road to Astrakhan. We are now in the steppe and vast distances between villages are counted in tens of miles. The stations are named by their distance to the nearest village : « 12km », station « 43km ». We bet on the distances : how many miles to this line of trees ? Eight kilometers for Siugi, ten for me. Misleading hills : we take an hour and fifteen kilometers to reach the shadow of the branches, now as precious as water.
During our last break of the day we meet Ernscht, a motorcyclist traveling from Switzerland to Khirgistan. Long hair and laughing eyes, we befriend immediately. We spend the evening together, making toasts with the sweet Russian wine under our tent.

Le conducteur Badmoi qui nous a invité à diner la veille et sa soeur Zagan qui nous à héberger pour la nuit - The driver Badmoi who invited us for diner the day before and his sister Zagan who hosted us for the night

La plus grande pagode d'Europe - The biggest pagoda of Europe

Charly l'autostoppeur français allant jusqu'en Inde - Charly the french hitchhiker going to India

Interview avec une journaliste locale d'Elista - Interview with a local journalist at Elista

Sur la route avec nos amis les vaches - On the road with our friends the cows

Ernscht notre ami suisse motard rencontré sur la route - Ernscht our swiss friend with his small motorcycle met on the road

Nous plantons la tente sous un coucher de soleil mais envahis de moustiques - We pitch our tent under a sunset but invaded by mosquitos

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24/05/2011 : Ipatovo – Elista

Jour 102 – 120 km
L’environnement change radicalement en l’espace de quelques kilomètres : la succession de champs bordés d’arbres laisse place à de gigantesques prairies ocres où broutent des boeufs rassemblés autours de cowboys sur leurs chevaux. Les visages se font asiatiques : les yeux se brident et les teints changent.
Elista est notre destination de ce soir, mais nous sommes épuisés. La nuit ne va pas tarder à tomber. Le soleil et le vent nous ont déséché toute la journée. Il reste encore une trentaine de kilomètres, nous en sommes déjà à plus de cent… Nous n’allons pas tarder à savoir ce qu’il y a tout au bout du rouleau…
Une voiture s’arrète soudain à notre niveau. Chapeau sur la tête, le passager nous interpelle par nos prénoms : Charly, le voyageur vers l’Inde ! Il nous a reconnu ! Le chauffeur est aussi son hôte pour ce soir : il s’empresse de nous inviter également. Compréhensif, il est d’accord pour que nous continuions à vélo jusque à l’entrée de la ville où nous l’appèlerons. Mais quinze kilomètres plus tard nous le voyons revenir : il revient nous chercher. Est-ce par pitié ou veut-il passer à table au plus tôt ? Nous nous entassons comme on peut dans la petite Lada, Charly coincé entre les sacs et les vélos dans le coffre, Siugi et moi à deux sur le siège avant. Nous passons une soirée merveilleuse à porter des toasts et manger des plats asiatiques dans la famille de notre hôte.


Day 102 – 75 miles
The environment changes radically within a few kilometers : the succession of fields lined with trees gives way to huge ocher meadows with grazing cattle gathered around cowboys on their horses. Faces are now Asian.
Elista is our destination for tonight, but we’re exhausted. The night will soon fall. The sun and wind dryed us all day. There are still about twenty miles, we’re already cycled senventy…
A car stops suddenly at our level. Hat on, the passenger calls us by our first names : Charly, the traveler to India ! He recognized us ! The driver is also his host for tonight : he is quick to invite us as well. Understanding, he agrees that we continue to cycle down to the entrance of the city and call him from there. But ten miles later we see him coming back : he returned to pick us up. Is it pity or does he want to eat at the earliest ? We’re stacking everything as we can in the little Lada, Charly stuck between the bags and bikes in the trunk, Siugi and I on the front seat. We spend a wonderful evening making toasts and eating Asian food in the family of our host.

Specialité tartare : un biéliéchi, beignet farci à l'agneau - A tartar speciality : a bieliechi, a fried pie with lamb inside

Au marché, ces hommes nous ont gentillement offert un gros sac de radis - At the market, these men kindly offered us a big bag of radish

Charly, notre ami français auto-stoppeur à l'arrière de la voiture avec nos vélos et sacoches - Charly, a french friend hitch-hiker at the back of the car with our bikes and our bags

Nos hôtes (celui qui a pris Charly en stop) à Elista nous invite à diner - Our hosts (the one who picked up Charly in his car) at Elista invite us for diner

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Jour 101 – 140 km
Humide, infesté d’insectes, le lieu où nous nous sommes installés dans la pénombre hier soir est un marasme pourri. Nombreuses piqûres et branches tombées sur la tente : nous avons dormi dans un crachat du Diable.
Siugi se découvre une énergie insoupçonnée : elle fend le vent et nous tire vers le Kazakhstan quand je peine lamentablement derrière, même dans les descentes. Après l’horrible nuit d’hier nous nous sommes promis un hôtel ce soir : serait-ce l’instinct féminin qui la pousse ? La perspective d’une douche chaude et l’évitement d’une nouvelle relation insectueuse avec Mère Nature serait-elle plus forte que l’épuisement ?
À midi, assis à même le bitume, nous mangeons tristement du pain quand Omar apparait. Il nous indique la route et semble très impressionné par notre voyage. Il ne repart qu’après nous avoir laissé, de force, un billet de 500 roubles dans les mains !


Day 101 – 87 miles
Damp, infested by insects, where we sat in the dark last night is a rotten mess. Many pits and branches fell on the tent : we slept in a spit of the devil.
Siugi discovers an unexpected energy: she splits the wind and pulls us to Kazakhstan while I’m dying behind. After the horrible last night we promised us an hotel tonight. Is it the feminine instinct that drives her : shower and no insects tonight ?
At noon, sitting on the tarmac, sadly eat bread when Omar appears. It shows us the way and seems very impressed with our trip. He does not let us go before forcing us a 500 rubles note in Siugi’s hand !

Il pleut au loin ! - It's raining out there !

Une tortue que nous avons sauvé de la route - A turtle that we saved from the road

Déjeuner sur la route - Lunch on the road

Omar qui a sponsorisé notre repas - Omar who sponsored our lunch

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