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Posts Tagged ‘ouzbekistan’

Jour 156 – 82 km
Sous la lumière blafarde d’une unique ampoule accrochée sous le toit de paille, une jeune grand-mère fait danser sa petite-fille. Les oignons sont pelés et la pâte à samsa pétrie par d’autres femmes animées de calmes conversations et de rires discrets. Nous nous sommes installés dans cette chairana de bord de route pour notre première nuit kirghize. Saïd nous aura accompagné jusque la frontière. Nous lui faisons quelques cadeaux, heureux d’être ses premiers sponsors pour le voyage à vélo qu’il envisage. Depuis hier, nous le sentions triste de nous voir partir. Devant la barrière du poste de douane il ne retient pas ses communicatives larmes…


Day 156 – 51 miles
Under the dim light of a single bulb hanging under an organic roof, a young grandmother dances with her granddaughter. The onions are peeled and the samsa dough is kneaded by other women, animated by quiet conversations and discreet laughs. We settle in this roadside chairana for our first night in Kyrgyzstan. Saïd took us to the border. We give him some presents, happy to be the first sponsors for his future bike trip to Europe. Since yesterday, we felt he was sad to see us leaving. At the gate of the customs post it does not retain its communicative tears…

Le matin avant d'attaquer notre dernière journée ensemble - The morning before cycling our last day together


Dernière nuit en Ouzbekistan avec mon amie la moustiquaire - Last night in Uzbekistan with my friend the mosquito net


Nos dernières minutes avec Said - Our last minutes with Said


Notre première nuit au Kyrgyzstan, dans une chairana près de la frontière - Our first night in Kyrgyzstan, in a chairana next to the border

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Jour 155 – 70 km
Une bonne trentaine de vélos d’occasion sont en réparation : nous posons les notre dans le jardin-atelier d’un ami de Saïd. Au retour de la chairana où nous déjeunons tous ensemble, nous faisons un détour vers un autre atelier à ciel ouvert. Des centaines de bicyclettes de tout âges, parfaitement alignées, plantent un décor où l’on discute affaires. Saïd en achète une qu’il revendra à son échoppe du bazar de Tachkent. La large palette de modèles décorés d’autocollants aux accents germaniques nous met la puce à l’oreille. Les antivols encore accrochés au cadre de certains vélos confirment nos doutes : les portes des camions allemands doivent décidément fermer bien mal pour laisser tomber autant de marchandise…


Day 155 – 43 miles
A good thirty used bikes are here for repair: we put ours in the garden-workshop of a friend of Said. When we are back from the chairana where we had lunch together, we make a detour to another open-airworkshop. Hundreds of bicycles of all ages, perfectly aligned, form a scene where business is discussed. Said buys one that will be later sold in his shop in the bazaar of Tashkent. The wide range of models decorated with German stickers gives us a hint. The locks still attached to the frame of some bikes confirm our suspicions : the doors of German trucks close rather badly to drop so many goods …

Pause melon jaune pour gagner du sucre - Break of yellow melon to absorb some sugar


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Jour 154 – 103 km
Quand nous regagnons le soleil nos longues ombres peinent à nous précéder : voilà une heure que nous dévalons l’autre versant de notre premier col. L’ascension commence d’une chairana paradisiaque cachée entre les arbres : le long d’un cours d’eau, entre falaises abruptes et pics se chevauchant sur plusieurs plans, la route s’incline dans un paysage de canyon. Timides et isolées, les premières neiges éternelles se dévoilent au sommet des montagnes. Un vent frais nous saisis : il soufflait le feu depuis des semaines.
En un virage la route se soulève. C’est le point de départ d’un long zigzag d’une vingtaine de kilomètres. Le vent à beau être de notre côté, tant nous encourageant, tantôt nous rafraichissant, il nous faut parfois nous arrêter et chercher un peu d’ombre sous un panneau signalétique quand le pouls menace d’exploser. Nous ne sommes pas les seuls à peiner : de vieux moteurs usés tirent au pas de camions rouillés qu’il faut refroidir à la faveur des nombreuses sources qui jalonnent le bord de route.
Malgré les contrôles, uniformes cagoules et mitrailleuses, la sortie du second tunnel nous réjouis : nous sommes à plus de 2000 mètres et la pente fléchie. À toute allure entre les véhicules, des pouces se dressant bien droit en dehors de vitres des voitures, nous arborons tous trois le même large sourire.
Au coucher du soleil nous nous retournons une dernière fois. La montagne n’est plus qu’un silhouette orangées derrière la brume. Elle semble nous dire « bien joué, mais n’oubliez pas ce qui vous attend ». Nous avons atteint la vallée de Fergana, dernier refuge avant les hauteurs du Kirghizstan…


Day 154 – 64 miles
When we regain the sun our long shadows struggle to precede us: it’s been one hour that we are sliding down the other side of our first pass. The rise begins in a heavenly chairana hidden between trees : along a river, between steep cliffs and peaks overlapping in many layers, the road rises up in a landscape of canyon. Shy and isolated, the first permanent snows are disclosed at the tops of mountains. A fresh wind grips us : the fire blew for weeks.
In one turn the road rises up. This is the starting point of a long zigzag of more than twenty kilometres. The wind might be on our side, sometimes encouraging us, sometimes refreshing us, still many times we have to stop and seek some shade under a road sign when the pulse threatens to explode. We are not the only ones who struggle : old worn out engines of rusty trucks must be cooled down thanks to the many watersources on the roadside.
Despite the controls, uniforms, balaclavas and machine guns, leaving the second tunnel delights us : we are above 2000 meters and the slope goes down. At full speed between the vehicles, thumbs up out of the cars windows, we wear all three the same big smile.
At sunset we turn back one last time. The mountain is now only a orange silhouette behind the haze. It seems to say « well done, but don’t forget what comes next. » We have reached the Fergana Valley, the last refuge before the heights of Kyrgyzstan …

Je m'accroche à un camion pendant quelques kilomètres pour monter le début du col, il ne dépassera pas les 9 km/h et je finis avec des courbatures aux bras - I grab a truck during few miles to climb the start of the pass, it will not drive over 6 miles/h and i will have arm's aches at the end.

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14/07/2011 : Tashkent – Angren

Jour 153 – 115 km
Derrière la brume on devine les silhouettes allongées des quelques pics se dressant entre Tachkent et la vallée fertile de Fergana. Jusque Angren la route droite n’ondule que très peu : elle semble repousser le moment où il faudra s’élever vers le ciel. Le regard glisse le long des versants ocres et secs pour se perdre dans l’étroit horizon vaporeux. Pour l’instant le chemin fend la montagne : demain, nous en verrons le sommet…


Day 153 – 71 miles
Behind the fog we guess the stretched shapes of some peaks rising between Tashkent and the fertile valley of Fergana. To Angren the straight road waves only a bit : it seems to delay the moment when we will have to soar to the sky. The eyes glide along the ochre and dry mountainsides to get lost in the narrow misty horizon. For now the road splits the mountain : tomorrow, we will see its summit…

Petite pause au bord de la route, nous nous rafraichissons d'une boisson au lait - Little break at the side of the road - we are refreshed by a milky drink


Notre ami Said, jusqu'au bout de l'Ouzbekistan avec nous - Our friend Said, till the end of Uzbekistan with us

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13/07/2011 : Tashkent

Jour 152
À Tashkent nous sommes accueillis avec Rémi et Pauline dans la famille de Saïd. Comme eux, nous changeons d’appartement en fonction du nombre de personnes à loger. Saïd s’occupe avec soin de sa famille. Les plus petits l’adorent, la vieille grand-mère l’embrasse tendrement et son oncle et lui conversent virilement. Il répare tout, de la tuyauterie des différents appartements jusqu’aux lumières des cages d’ascenseurs, lassés de voir les services communaux oublier son quartier. Nous faisons le bilan de ces quelques jours en sa compagnie avec Rémi et Pauline : nous sommes des étrangers à vélo, de religion et mœurs différents, traversant un pays dont nous ne connaissons pas la langue. Et pourtant nous avons toujours été accueillis les bras ouverts. Le rêve de Saïd est de voyager en vélo jusqu’en France. Nous nous demandons quel accueil recevrait un musulman ouzbék, sale comme un cycliste, incapable de parler la langue, avec sa tête de métèque à traverser les campagnes françaises ? Et nous avons eu un peu honte…

Lisez les articles de Rémi et Pauline et Marc et Camille sur cette étape à six.


Day 152
In Tashkent we are greeted with Remi and Pauline in the family of Said. Like them, we change apartment depending on the number of persons to be accommodated. Said takes great care of his family. The younger love him, the old grandmother tenderly hugs him and his uncle converses manly with him. He repairs everything from the pipes of the numerous appartments to the lights of the elevators, tired of the municipal services forgetting his neighborhood. We review those few days with Remi and Pauline: we are foreign cyclists, with different religion and customs, crossing a country without speaking its language. Yet we have always been welcomed with open arms. Said’s dream is to travel by bicycle to France. We wonder what kind of welcome would receive a Muslim Uzbek, dirty as a rider, unable to speak the language, with his wog face crossing the French countryside? And we were a bit ashamed…

Read the articles of Remi and Pauline et Marc and Camille on this time together.

Des cheeseburgers ! Ca faisait longtemps ! - Cheeseburgers ! It's been a while !


Sharifa et son frère - Sharifa and her brother


Dernière pause avant d'atteindre Tashkent la capitale sur une caravat au dessus d'un cours d'eau dans une Chaïrana - Last break before reaching the capital Tashkent on a caravat in a chairana


Comment allons-nous manger tout ça à 4 ? - How are we going to eat all of that the 4 of us ?



Charles and Marc


Nous sommes invités ce soir à diner chez Sharifa, professeur d'anglais que nous avons rencontré au cybercafé du coin - We are invited tonight for dinner at Sharifa's, english teacher that we met at the internet café


Dernière photo avec Rémi et Pauline : nous les accompagnons à la frontière Kazak - Last photo with Rémi and Pauline : we cycle with them to the Kazak border

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Jour 148 – 91 km
Les tchairanas de ces derniers jours étaient invariablement peuplés d’ivrognes noyant tout leur islam dans la bière. Nous évitons donc ces établissements aujourd’hui, bien décidés à manger tranquille. Il fait trop chaud et le petit bassin où plongent une bande d’enfants est trop tentant : nous y chercherons un coin d’ombre pour notre pause du midi, avec l’espoir de nous immerger également. Nous n’avons pas traversé la route qu’un vieil homme débarqué de nulle part nous propose du thé. Nous sommes invités chez lui, à deux pas, sous la fraicheur bienvenue d’un toit de vigne. Œufs, pastèques, yaourt frais : la collation se change en festin (et le petit point d’eau boueuse en piscine).


Day 148 – 57 miles
Tchairanas of the past few days were invariably populated by drunk people drowning their Islam in their beers. We decide to avoid these places today, determined to eat in peace. It’s too hot and the small pool where plunges a bunch of kids is too tempting: we seek a shady spot for our lunch break, hoping to immerse ourselves as well. We did not have the time to cross the road that an old man arrived out of nowhere offering us tea. We are invited to his home two steps away, in the welcoming coolness of a vines roof. Eggs, watermelons, fresh yogurt: snack turns into a feast (and the little pond of muddy water into a pool).

Rémi embarque Charles sur le devant de son tandem - Rémi embarks Charles at the front of his tandem


Charles en charge ce soir de la sauce pour nos kebabs burgers fait maison - Charles in charge tonight of the sauce for our home made kebabs burgers


Petit dejeuner sauvage entre amis - Little breakfast in the wild between friends


Camille and Marc, bioman force rouge ! Camille and Marc, bioman red power !


Docteur Said toujours le meilleur pour réparer nos dégâts - Doctor Said, always the best to fix our problems


Photo crédit Rémi - Il fait trop chaud : on saute dans le bain avec les gamins du coin ! - It's too hot : we jump in the water with the kids !


Photo crédit Rémi. Le troupeau arrive et nous avons planté sur leur chemin, on remballe le petit déj au plus vite - Photo crédit Rémi. The cows arrive and we pitched our tent on their way, we protect our breakfast from dust as quick as possible


Petit repos après la trempette dans l'étang - Little break after the quick swim in the water


Camille and Pauline

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Jour 147 – 79 km
En quelques secondes une foule dense se forme autour de nous. À vélo chargés, nous ne passons jamais inaperçus, mais voir arriver six européens dont deux sur une étrange bicyclette excite toutes les curiosités du bazar. Nous sommes séparés par le monde, les questions fusent, nous y répondons chacun de notre côté, ressassant d’innombrables fois nos histoires, reprenant depuis le début quand de nouvelles têtes arrivent. Ça se bouscule, ça rie, ça chahute autour des vélos. Des pastèques passent de mains en mains pour nous parvenir. On me montre un téléphone en panne pour que je traduise le message d’erreur. La foule ne se disperse qu’à notre départ, toujours aussi incrédule, toujours aussi curieuse, toujours aussi souriante.


Day 147 – 49 miles
Within seconds a huge crowd gathers around us. When our bicycle are loaded, we do not go unnoticed, but to see six Europeans including two on a strange bike excites all the onlookers of the bazaar. We are separated by the people, questions ring out, each of us answer on their side, turning over our stories countless times, starting again when new people arrive. Crowd falls over each other, people laugh and heckle around the bikes. Watermelon go from hand to hand to reach us. I’m shown a broken phone with an error message to be translated. The crowd only disperses when we leave, still incredulous, still curious, still smiling.

Photo crédit pour Pauline et Rémi


Photo crédit pour Pauline et Rémi


Deux crevaisons avant même d'avoir commencer la journée - Two flat tyres before even having started the day



Attroupement autour de nous lorsque nous nous arrêtons au bazar - Gathering around us when we stop at a bazar

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