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Jour 533 – 44 km
L’entrée de la tente est éclairée par les derniers rayons rasants du soleil. Des gouttes perlent sur la toile. Nous avons monté le bivouac sous une pluie fine. Derrière un petit sentier jonché de champignons nous trouvons abri sous un résineux. Déjà le sol humide donne au bois une odeur d’humus de pinède. La dernière fois que nous avons vécu ce genre de nuit, c’était il y a 500 jours, en Europe…

Day 533 – 27 miles
The entrance of the tent is lit by the last low rays of the sun. Drops appear on the upper layer. We set up the bivouac under a fine rain. Behind a small track strewn with mushrooms we find shelter under one conifers. The humid soil gives a smell of humus of pinewood. Last time we lived this kind of night was 500 days ago, in Europe…


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27/07/2012 : Murray Town

Jour 532
Murray Town se réveille en noir et blanc dans la pénombre. Quelques gouttes de pluie perlent du toit en tôle ondulée. Quand la lumière pointe les quelques voitures ronronnent dans les rues adjacentes. Petit à petit le terrain de sport reprend sa couleur verte intense. Les premiers oiseaux du jour s’envolent. Il fait encore très frais, mais un thé brûlant se charge de nous réchauffer. Le silence des aubes nous manquera.

Day 532
Murray Town wakes up in black and white in the twilight. Some rainy drops pearl from the roof of corrugated iron. When the light comes, cars hum in adjacent streets. Little by little the playing field gets back its intense green color. The first birds of the day fly away. It’s still cold, but a hot tea takes care of warming us. We will miss the silence of the dawns.

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Jour 531 – 34 km
Les visiteurs sont les bienvenus ici. Personne ne semble surpris de voir quatre cyclistes sortir réchauds, casseroles, sacs de couchage, cahiers et ordinateurs sous un toit de tôle. Une joggeuse nous propose de nous installer dans la cabane. « De toute façon elle n’est jamais fermée ». Nous passons ce soir la nuit sous un abri du tout petit stade du coin. L’endroit est aménagé pour les voyageurs : douches chaudes, toilettes, micro-onde, prises électriques… Personne ne nous demande quoi que ce soit. On glisse quelques dollars dans une boîte jaune. La salle principale, lumineuse, est largement ouverte sur la pelouse du terrain de jeu. Il n’y a pas de fenêtre mais un filet pour la protéger des oiseaux. Nous installons notre bivouac sur la dalle de béton. Il peut pleuvoir cette nuit, qu’importe, nous serons au sec.

Day 531 – 21 miles
Visitors are welcome here. Nobody seems surprised to see four cyclists bringing out stoves, pans, sleeping bags, notebooks and computers under a steel roof. A jogger suggests us to settle in the hut. « Anyway it is never closed ». We spend the night sheltered under small building of the quite small stadium. The place is fitted out for travelers : warm showers, toilet, microwave, electricity sockets… Nobody asks us anything. We put some dollars in a yellow box. The main, bright room, is widely opened on the lawn of the playground. There is no window, only a net to protect the room from birds. We install our bivouac on the concrete floor. He can rain this night, it does not matter, we shall stay dry.

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Jour 530 – 49 km
Derrière le col dans les Southern Flinder’s Ranges s’étendent des prairies vertes à perte de vue. Si proche de l’aridité de la Stuart Highway se cache une vallée verte. Sans aucun doute les moutons sont des centaines de fois plus nombreux que les hommes. De petits villages bâtis le long d’une artère commerciale s’enchaînent toutes les quinzaines de kilomètres. Après ces deux mois de désert, la zone nous semble incroyablement dense ! De petits sentiers de randonnée aménagés s’enfoncent dans des forêts claires. Est-ce l’Irlande, les bocages Anglais ou la Nouvelle-Zélande ? Sommes-nous dans les collines du Massif Central ? Des perruches roses volent d’arbre en arbre quand un kangourou saute le long du chemin. Nous sommes bien en Australie…

Day 530 – 30 miles
Behind the pass in the Southern Flinder’s Ranges there is green meadows as far as the eye can see. So close to the aridity of Stuart Highway hides a green valley. Doubtless sheeps are hundreds of time more numerous than men here. Small villages built along a commercial artery are linked every ten miles. After these two months of desert, the zone seems incredibly dense to us ! Small fitted out hiking trails sink into clear forests. Is it Ireland, the British bocages or New Zealand ? Are we in the hills of the French Massif Central ? Pink parakeets fly from trees to trees when a kangaroo jumps along the road. Indeed, we are in Australia…

Un peu du Kirghisztan en Australie - A bit of Kyrgyzstan in Australia

En avant pour un petit col ! Le dernier remonte à la Chine - Let's go for a small pass ! The last one dated from China

Camping sauvage au bord de la route, ça change du désert rouge - Bush camping on the roadside, not the same that the red desert !

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Jour 529 – 45 km

Les câbles électriques courent le long de la Stuart Highway. Le trafic se fait plus dense. Les voitures individuelles ont remplacé les caravanes. D’un seul coup on passe des buissons espacés du bush à une herbe dense, puis du gazon. Le téléphone portable partout capte un signal. Aucun doute, nous rentrons dans une autre Australie…
Nous atteignons aujourd’hui Port Augusta. En traversant le pont qui coupe la ville en deux nous voyons l’embouchure de l’estuaire. Nous avions quitté l’océan tout au Nord, à Darwin. Plus de 2700 km plus tard, en sortant du désert nous achevons notre traversé de l’Australie. Nous aurons pédalé l’intégralité de la Stuart Highway. Et traversé notre troisième continent…

Day 529 – 28 miles

Electric cables run along Stuart Highway. The traffic denser is. Individual cars replaced caravans. Spaced out bush become dense grass, then lawn. The mobile phone gets a signal everywhere. No doubt abuout it, we enter another Australia…
We reach Port Augusta today. By crossing the bridge which cuts the city in two we see the mouth of the estuary. We had left the ocean in the North, in Darwin. 1700 miles later, by going out of the desert we eventually cycled the entire height of Australia. We shall have pedalled the entire Stuart Highway. And crossed our third continent…

Fin de la Stuart Highway, début de la civilisation - End of the Stuart Highway, civilisation starts again

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Jour 528 – 95 km
« Je ne sais pas si je pourrais encore conduire l’année prochaine, alors on a décidé de partir 6 mois sur les routes pour revoir une dernière fois les endroits où l’on est passé étant plus jeune ». La caravane est plus vieille que nous et a dû rouler l’équivalent de plusieurs fois le tour du monde… Stan a 82 ans et devra comme tous les Australiens d’un certain âge bientôt prouver qu’il est encore capable de tenir un volant en repassant son permis. Il voyage donc une dernière fois autour de l’Australie, « tant que mes yeux, ma tête et mes mains tiennent le coup ».
En caressant leurs ventres ronds, un des couples du groupe d’amis insiste en riant sur le fait qu’ils sont également cyclistes. Il est vrai qu’au premier abord on les verrait plutôt sur des Harley-Davidson… Quand s’enchaînent thés, gâteaux, biscuits, fruits et eau potable, on voit bien que ces joyeux drilles savent comment combler les voyageurs à vélo. Eux aussi en reçoivent chez eux par le biais de réseaux d’hospitalité.
Il fait beau, la route est facile, les kilomètres défilent, le désert est magique, on rencontre une foule de gens sympathiques et attentionnés, le bivouac de ce soir est parfaitement calme entre les arbres… Il est de ces journées qu’on ne voudrait jamais voir se terminer.

Day 528 – 59 miles
« I do not know if I could drive anymore next year, so we decided to leave for 6 months on roads to see a last time the places where we passed by when we were young ». The caravan is older than us and had rolled the equivalent of several times around the world… Stan is 82 years old and will have to, as all Australians of certain age, soon prove that it is still capable of holding a steering wheel by passing his driving licence again. He thus travels a last time around Australia, « as long as my eyes, my head and my hands are good enough ».
Highlighting their round bellies, one of the couples of the group of friends laughingly insists on the fact that they are cyclists too. It is true that at first sight we would rather see them on Harley-Davidson… When they offer us teas, cakes, biscuits, fruits and drinking water, we do see that these jolly fellows know how to please travelers on bikes. They too receive cyclists at home through the hospitality networks.
The weather is beautiful, the road is easy, we’re flying over the road, the desert is magic, we meet crowds of nice and thoughtful people, the bivouac of this evening is perfectly quiet between trees… There are days that we would never like to see ending.

Oranges, thé, eau, gâteau, barre céréales, ces Australiens nous ont bien gâtés dans cet aire de repos, merci encore ! - Oranges, tea, water, cakes, cereal bars, these Australians spoiled us in this rest area, thank you again !

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Jour 527 – 42 km
Les troncs secs fendus sous le poids des branches mortes se détachent du ciel déjà illuminé d’étoiles. Tous les soirs un théâtre de marionnettes végétales s’anime avec les derniers rayons du soleil. L’horizon n’est plus qu’un jeu d’ombres chinoises où l’on imagine pêle-mêle émus, kangourous, lézards et serpents se croiser dans la pénombre. Parfois un renard ou un dingo bien réel s’enhardit et s’approche. Leurs yeux brillent à quelques mètres du bivouac. Ils attendront la nuit pour frôler la tente. Quand la lune s’efface la Voie Lactée se pare d’étoiles et partout le ciel scintille. On comprend sans peine qu’avec de telles nocturnes les histoires des Aborigènes soient si riches. Quelque eut été la rudesse de la journée, les nuits d’ici nous réconcilient le soir venu avec l’Australie.

Day 527 – 26 miles
The dry trunks split under the weight of the dead branches draw shadows by the sky already illuminated with stars. Every evening a theater of vegetable puppets livens up with the last beams of the sun. The horizon is not more than a set of shadow where we imagine kangarooes, lizards and snakes in the twilight. Sometimes a fox or a very real dingo becomes bolder and approaches. The eyes shine a few meters away from the bivouac. They will wait the night to come and touch the tent. When the moon fades the Milky Way adorns itself with stars and everywhere the sky sparkles. We understand easily that with such night the stories of the Aborigines are so rich. However had been the harshness of the day, nights reconcile us with Australia.

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